de Céline SCIAMMA
Je m'étais trompée dans les horaires du cinéma, je souhaitais voir "si le vent tombe" sur le Haut Karabakh. Grosse déception. Dépitée, étant à Strasbourg, je suis allée voir le film prévu à cette heure là, sans en savoir RIEN: un titre qui ne m'enthousiasme pas, un film d'une heure et quart, bref quelque chose que je ne fais jamais. Seul point positif, la réalisatrice dont j'ai adoré le "portrait de la jeune fille en feu".
Et ça a été une belle surprise.
Après un début sans éclat oùNelly 8 ans dit "au revoir" aux voisines de sa grand-mère qui vient de mourir à la maison de retraite. Marion, sa mère, triste, vide la chambre. Et les voilà parties à la maison familiale, accompagnées du père de Nelly, pour trier et vider.
Marion laisse le père et la fille débarrasser seuls la maison. Et, sur les traces des jeux de sa mère, Nelly rencontre Marion, 8 ans, qui n'est autre que sa mère.
J'ai aimé ce regard sur l'enfant qui grandira, sur l'enfant qui ne sait rien de son parent enfant et qui découvre qu'il a été ce qu'il est. L'adulte fait face devant l'enfant mais ses peurs et ses joies sont intactes. Ici, l'adulte "lâche" un peu de son histoire pour un enfant qui le comprend enfin, grâce à ce qu'il lui montre de ce qu'il était au même âge.
Les jumelles sont justes, gaies, vraies. L'auteure dit voir son film comme un conte, je ne l'ai pas ressenti comme ça, je n'aime pas les contes.
Un joli film, étrange et tendre qui nous renvoie tous à quelque chose de mystérieux: comment était notre maman petite?