HHhH

HHhH de Laurent BINET, écrit en 2008, Goncourt du Premier Roman en 2010. Himmlers Hirn heisst Heydrich: le cerveau d'Himmler s'appelle Heydrich, ainsi l'appellent les SS. Laurent Binet décrit par le menu l'opération "Anthropoïde": deux parachutistes tchèques sont chargés par Londres d'assassiner Reinhard Heydrich, le chef de la Gestapo et des services secrets nazis, le planificateur de la solution finale, "le bourreau de Prague". Les faits relatés comme les personnages sont authentiques.

"Laurent Binet montre la lutte que se livrent dans son roman et dans son esprit le savoir documebtaire et l'invention fictionnelle, privilégiant très souvent le premier, parce que plus fidèle à la complexité du réel, mais réussissant, sans rien nous masquer de ses hésitations ne des raisons de ses choix, à créer une oeuvre haletante d'une originalité absolue." Claude Lanzmann.

l'écriture, à la première personne, est ciselée, riche, descriptive et limpide. La scène finale est d'un réalisme et d'une précision descriptive tout à fait rare. Il commente tout le livre de son dilemme: roman ou documentaire.... il écrit au début: " j'espère simplement que derrière l'épaisse couche réfléchissante d'idéalisation que je vais appliquée à cette histoire fabuleuse, le miroir sans tain de la réalité historique se laissera encore traverser". Un résumé de sa peur de trahir.

Avant que le drame touche à sa fin, il dit encore: "mon histoire est trouée comme un roman, mais dans un roman ordinaire, c'est le romancier qui décide de l'emplacement des trous, droit qui m'est refusé car je suis l'esclave de mes scupules".