KAR KIRMIZI - NEIGE ROUGE

KAR KIRMIZI - NEIGE ROUGE

"Neige rouge" d'Atalay Tasdiken de 2020 a été présenté dans le cadre d'un festival de cinéma européen. La réalisation est magnifique et j'aime ces films qui montrent la vraie vie dans des pays inconnus. L'Anatolie est envahie par la neige en hiver, une commissaire répond à un policier qui s'en plaint que "bientôt on la pleurera la neige, elle ne sera plus"...ce dialogue apparait dans un contexte totalement étranger (ils recherchent un tueur) mais l'impact est réussi, du fait de son étrangeté là! On y découvre un monde très rural, chauffage au bois, éclairage à la bougie, intérieur plus que rudimentaire, déplacements en cariole, qui cohabite avec des maisons équipées, confortables, des autos luxueuses, des habitants vêtus à la dernière mode!

 C'est l'histoire de Yusuf a passé les neuf dernières années derrière les barreaux pour un crime qu'il n'a pas commis. Il rentre chez lui et découvre que sa femme, qui était enceinte lorsqu'il est allé en prison, est sortie. Alors qu'il cherche sa famille dans la ville enneigée, il se retrouve à suivre la piste des événements qui se sont produits il y a dix ans. Atalay Tasdiken nous offre un film qui vaut par une très belle esthétique mettant en valeur les paysages souvent enneigés de l’Est anatolien qui est ici filmé et par une narration qui lève le voile sur les intrigues et les attentes de personnages peu enclins à livrer leurs pensées intimes et leurs secrets. 

L'image finale est un éblouissement: Youssouf, du sang plein les mains d'avoir tué la femme qu'il aimait, retrouve sa fille trisomique, ils jouent sur un banc, dehors, entourés de neige, c'est la première fois qu'il semble serein et heureux. Il est arrivé au bout de sa quête. La police arrive et braque Yussuf: il lève ses mains ensanglantées, les yeux plein de terreur, et sa fille croit qu'il joue et enchevêtrées dans celles de son père, ses mains se lèvent aussi. Mais elle s'amuse. Le contraste est violent.